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  • Estampille sérigraphie

Résidence d'artiste et exposition : Marie Vandooren


Nous accueillons aujourd'hui l'artiste Marie Vandooren, venue de Nantes à l'occasion de son exposition Nouveaux Vestiges du 6 au 21 mai. Cette exposition fait suite à une résidence en deux temps. L'artiste était venue une première fois en février afin d'effectuer un repérage sur le territoire de Saint-Étienne. Enfin, elle est revenue une semaine avant l'exposition pour l'édition de deux sérigraphies réalisées à partir de photographies de Saint-Étienne, précisément du Parc de l'Opéra et du Jardin des plantes de Saint-Étienne.




Parc de l'Opéra, sérigraphie trois passages sur papier Olin 300 gr., 40x50cm, 26 exemplaires, 2022.

Jardin des Plantes, sérigraphie deux passages sur papier Rivoli 300 gr., 70x50cm, 30 exemplaires, 2022.




Entretien

Le protocole employé durant cette résidence est-il fréquent dans votre travail ?

C'est la première fois que je me base sur un lieu précis pour ensuite produire des visuels à sérigraphier. Mais ma démarche étant très proche, cela avait tout son sens. Mon travail est dans un premier temps un travail de repérage. Cela passe tout d'abord par la déambulation, une sorte de dérive au hasard des territoires, toujours accompagné de mon appareil photo argentique. Et au gré de ces déambulations je vais photographier des éléments qui me paraitront intéressant à exploiter en sérigraphie ou en peinture. Ce travail réalisé à Saint-Etienne est donc une bonne représentation de comment je fonctionne.


Vous pratiquez à la fois la peinture, la sérigraphie et la photographie. Quelle place, quel rôle, occupent chacun de ces médiums dans votre démarche artistique ?

Comme je l'ai expliqué plus haut, tout commence par des photographies prises au gré de mes déplacements. À partir de ces photos je vais développer différentes pratiques.

L'idée est toujours d'en extirper un élément afin de le retravailler soit en peinture soit en sérigraphie. En peinture, je travaille sur toile ou sur papier, à la peinture à l'huile ou à l'acrylique. Je reproduis des paysages souvent nus et inhabités. Je recrée des espaces avec des éléments croisés dans notre quotidien, (mobiliers urbains, aires de jeux, terrains de sport) mais disposés de manière aléatoire et toujours en opposition avec la nature. En sérigraphie je choisis un morceau d'architecture pour en faire une forme volante. Ou je choisis un petit bout de photo que j'agrandis et trame pour le sérigraphier en trichromie. La photographie, la peinture et la sérigraphie font donc partie de mon processus de recherche, elles se nourrissent, s'alimentent les unes les autres.


Pourquoi avoir choisi un travail majoritairement en trichromie ? Pouvez-vous nous en expliquer le fonctionnement et l'impact ?

Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la sérigraphie c'était avant tout pour reproduire de la photographie. Je voulais pouvoir faire de grands tirages sans avoir à passer par le développement en laboratoire. Pour ce faire il faut passer par un logiciel de traitement de l'image sur ordinateur, séparer les couches de couleur de votre photo, cyan, magenta et jaune. Ensuite il faut tramer ces couches afin que lorsque vous effectuerez les tirages en sérigraphie les couleurs se superposent harmonieusement. Au fur et à mesure les possibilités énormes qu'offrait la sérigraphie m'ont permis de développer d'autres pratiques notamment celle de superposer les couches de jaunes magenta et cyan de manière aléatoire pour recréer d'autres photographies.


Est-ce que ce phénomène d'apparition lors du tirage, lié à ce type de sérigraphie inspiré de l'impression industrielle, est un effet recherché ?

Il est vrai que dès le début de ce travail de reproduction et d'agrandissement photographique j'ai pensé au tirage industrielle avec sa grosse trame visible et très présente. Le fait d'avoir plusieurs possibilités de trames: en lignes, en points, épaisses ou fines est quelque chose que je vais exploiter selon le sujet traité. Ce n'est pas toujours le cas, mais parfois je vais agrandir un petit morceau de photographie, mettre en avant un élément qui se situe à l'arrière plan d'une de mes photos. Je vais donc me retrouver avec un fichier avec un gros grain et un visuel flou. Le fait d'utiliser une trame importante pour ce travail d'agrandissement va m'aider à retrouver une netteté et la lisibilité du motif.


Que recherchez-vous dans les espaces que vous photographiez ?

Un élément à extirper et à exploiter. Quelque chose qui, sorti de son contexte, gardera de son sens.


Au cours d'un précédent entretien, vous parliez de lieux insignifiants, mais aussi d'espaces inesthétiques et générateurs de contraintes créés par l'homme, dans la quête d'une ville idéale. Quel lien entre architecture, espace public, social, collectif et perception ?

Le propos de ma démarche est avant tout de remettre en avant des éléments insignifiants, des lieux devant lesquels nous passons sans les voir. Mais aussi d'interroger l'impact des constructions faites par l'homme sur nos interactions. Mon travail plastique interroge l’intervention de l’homme sur le paysage, comment ce dernier y dépose son empreinte en créant des lieux parfois inesthétiques et purement fonctionnels. En s’intéressant particulièrement aux éléments qui jalonnent le paysage, je mets en lumière la reproduction des espaces sur chaque territoire et interroge comment l’homme sculpte la nature selon sa volonté. En tentant de créer du beau avec du laid, de l’exceptionnel avec du commun, je met en avant la banalité des espaces invisibles. L'espace créé par l'homme n'est pas anodin, il peut générer de l'exclusion, notamment quand on pense au mobilier urbain "anti SDF". Créer un espace agréable à vivre pour tous n'est pas simple et engendrera toujours des sentiments controversés.


Entretien réalisé par Inès Pichaud






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